Virés pour « faute lourde » il y a cinq mois alors qu’ils prenaient part à la grève décrétée par leur organisation syndicale, quatre des six employés de TOTAL Gabon viennent d’être réhabilités dans leurs fonctions grâce « à la médiation du ministre du travail ».


Par : Gaël Ossougho. Libreville


Le ministre du travail ( à gauche ) et le DG de TOTAL Gabon se congratulant mutuellement.

Quatre employés sur six qui avaient été licenciés lors de la grève de l’Organisation Nationale des Employés du Pétrole (ONEP) de juin dernier, ont été réintégrés. Le directeur général de ladite société l’a annoncé au sortir de la séance de travail qu’il a eu avec le ministre du travail, de l’emploi chargé de la formation professionnelle le vendredi 23 novembre 2018.

Après cinq mois de luttes infructueuses qui auront plutôt contribué à dégrader le climat social au sein de l’entreprise, la direction de TOTAL Gabon a dû mettre un peu d’eau dans son vin. Henri Max Ndong Zué, le directeur général a indiqué que « cette décision de réintégrer ces collaborateurs a été motivée par le soucis Pour la compagnie de retrouver un peu de de sérénité sociale, facteur important pour continuer dans la production pétrolière ».

Outre cette préoccupation, le patron du géant pétrolier confie que cet heureux aboutissement est surtout le fruit « des auditions menées par le ministre du travail qui ont permis d’établir les responsabilités des uns et des autres dans ce dossier ».

Rappelez-vous, ils étaient six employés à avoir été congédier par la Direction Générale de TOTAL Gabon en juillet dernier lors de la grève de l’ONEP entamée un mois plus tôt. Il était reproché aux agents grévistes d’avoir « posé des actes mettant en danger les installations de la structure ».

Pour l’ONEP ce licenciement était « tout simplement une violation flagrante du code gabonais du travail qui reconnaît le droit de grève ». Le syndicat des employés du pétrole avait d’ailleurs sollicité l’arbitrage du ministre des hydrocarbures. À contrario, pour les dirigeants de TOTAL Gabon « ces agents ont bien été renvoyés pour avoir mis en danger les installations de la compagnie ».

Le bras de fer lourd de conséquences entre l’ONEP, qui entendait bien maintenir voire durcir le mouvement de grève « tant que les employés abusivement licenciés n’étaient pas réintégrés », et TOTAL Gabon qui avait déclaré « irrévocable » sa décision, s’annonçait bien rude.

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Henri Max Ndong Zué satisfait de l’heureux épilogue 

Il a donc fallu l’intervention de Julien Nkoghe Bekale, ministre du travail, de l’emploi chargé de la formation professionnelle, pour voir un début d’apaisement de la crise, au grand bonheur du directeur général de l’opérateur pétrolier. Henri Max Ndong Zué ne s’est pas empêché de remercier « le ministre du travail pour son implication (…) qui a arbitré en toute impartialité ce dossier ».

Aussi appelle t-il l’ensemble des partenaires y compris les représentants du personnel « à faire preuve de responsabilité » et les exhorte à « ne pas perdre de vue que l’intérêt commun qui doit prévaloir désormais ».

Julien Nkoghe Bekale s’est félicité de cet heureux dénouement tout en rappelant que « Le rôle de l’Etat est de s’assurer que les droits des employés et des employeurs soient garantis ».

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