
Le 21 Janvier 1978, quarante et un ans jour pour jour, disparaissait dans la ville de Ndendé Paul Marie Yembit, premier Vice-président du gouvernement de la République gabonaise.
Par Idriss EDJOUA. Libreville/Gabon.
Originaire de la province de la Ngounié dans le sud du Gabon, il se distingue très tôt en dépit de son faible niveau d’instruction en devenant un personnage central de la politique de son pays bien avant l’indépendance et au cours des années 60.
Ainsi dès les années 50, il connaît une ascension remarquable qui le porte jusqu’au poste de conseiller territorial de la Ngounié lors des élections du 31 mars 1957. Et au cours du mois de mai de la même année, il intègre à l’âge quarante ans le premier le premier Conseil de gouvernement dirigé par le Premier Ministre Léon Mba en qualité de ministre de la Production agricole avant de diriger le ministère de la Fonction Publique au sein du gouvernement qui conduira le Gabon à l’indépendance.
Il participe le 23 juillet 1960 à ratification par l’Assemblée législative des accords de Paris qui aboutissent à l’indépendance le 17 aout 1960.
Le 12 février 1961, Paul Marie Yembit est élu député de la deuxième législature et le 21 février accède à la vice-présidence du gouvernement d’Union national qui rassemble les tenants du Bloc Démocratique Gabonais(BDG) du président Léon MBA et ceux de l’Union Démocratique et Sociale Gabonaise (UDSG) de Jean Hilaire Aubame.
En 1963, tout en conservant son poste de vice-président il est chargé de la Justice. Le 19 février 1964, lors d’un déplacement dans sa circonscription de la Ngounié, il pose ce qui peut être considéré comme son acte politique le plus mémorable en sollicitant en lieu et place de Léon Mba (otage des mutins) et selon les accords de défense liant la France au Gabon, l’intervention de la communauté afin de venir à bout du putsch ayant mis à mal le pouvoir de Libreville.
Pourtant, le 13 novembre 1966 bien que conservant le portefeuille de la Justice, il se voit retirer la vice-présidence au profit d’Albert Bernard Bongo alors ministre délégué à la présidence de la Présidence de la République chargé de la défense en l’absence du président Léon Mba en convalescence à Paris. Cette mise à l’écart constitue à ce jour l’une des plus grandes énigmes de l’histoire de notre pays.
Le 19 avril 1967, il quitte définitivement le gouvernement et trois ans après est nommé grand chancelier, président du Conseil des ordres nationaux le 30 septembre 1970.
Quelques années plus tard, il quitte la scène politique et se retire sur ses terres de la Ngounié jusqu’à sa disparition à l’âge de soixante et un ans.





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