Si le Premier ministre chinois Li Keqiang, lors de la conférence de presse qui faisait suite à la clôture des sessions parlementaires, a évoqué les relations futures entre la Chine et les États-Unis, l’Europe et même les autres Etats asiatique, il n’aura mentionné en aucun moment la coopération future avec l’Afrique, en 2heures 30 minutes, temps qu’aura mis l’entretien avec les médias. Si bien qu’on est amené à se demander si l’Afrique aurait été oubliée dans l’agenda de la Chine pour 2019.

Li Keqiang , Premier ministre de la Chine.
Par Gaël Ossoughou/Beijing
La question a taraudé les esprits de plusieurs journalistes présents au palais du peuple ce vendredi 15 mars où les députés chinois, dans leur grande majorité, ont voté en faveur de cette fameuse loi sur l’abaissement du taux d’imposition qui visait uniquement les entrepreneurs expatriés. Désormais les hommes d’affaires étrangers pourront bénéficier des mêmes facilités que les nationaux. Les parlementaires ont également été favorables à l’adoption d’une « provisions unifiées » afin que les entreprises étrangères puissent profiter aussi de promotion, de protection et de gestion équitable au même titre que les PME chinoises. « Cette loi vise à la fois à améliorer la transparence des politiques commerciales vis-à-vis des investissements étrangers, et à s’assurer que les entreprises nationales et étrangères sont soumises à une même série de règles harmonisées et que la concurrence entre elles est loyale » a indiqué le Premier ministre chinois.
Ces provisions unifiées sont en fait des mesures harmonisées qui vont encadrer la création ou la mise en place d’une entreprise en République Populaire de Chine. La procédure administrative y relative sera assouplie et unique pour les deux types d’entrepreneurs. Cette nouvelle loi s’avère donc fondamentale pour les investisseurs étrangers. Les entreprises à capitaux étrangers bénéficieront également des politiques gouvernementales de soutient au développement des entreprises, et pourront participer à la formulation des normes sur un même pied d’égalité. L’adoption de cette nouvelle loi illustre bien la volonté et la détermination du pays à se développer à travers la réforme et l’ouverture.
Toutefois, si nombre d’investisseurs non chinois peuvent louer ces nouvelles mesures qui tendent à améliorer le climat des affaires, il n’en est pas de même pour les traders et hommes d’affaires africains qui se sont vu « oubliés » par les législateurs chinois, si l’ont en croit la synthèse faite par Li Keqiang. Le Premier ministre au sortir de la cérémonie de clôture de l’APN, a évoqué tous les aspects de la politique générale chinoise pour l’année en cours, mais pas un traître mot par rapport à l’Afrique.
Un mutisme qui, comme on pouvait s’y attendre, a laissé les journalistes africains présents à la conférence de presse sur leur faim. « Nous sortons de là avec plus de questions que de réponses » s’est indigné Rocco Nkanga journaliste congolais de la République Démocratique du Congo (Rdc). Et si Serge Nekoulko Nadjingar de la presse tchadienne se dit frustré de n’avoir pas pu poser sa question, Moussa Camara du quotidien malien « L’Indépendant » relativise les choses, « Je me réjouis déjà d’avoir eu l’occasion de vivre par moi-même ce grand événement » s’est il réjouit.
Il faut dire que les africains avaient particulièrement basé de grands espoirs sur les conclusions de cette 13ème session de l’APN dont les conclusions devraient leur permettre d’accentuer leurs investissements en Chine. Or, cette omission de l’Afrique dans le discours du numéro 2 chinois, pourrait se voir comme une désillusion qui plonge désormais dans l’incertitude absolue les entrepreneurs africains.

« La Chine tient énormément à l’Afrique, leur destinées sont similaires« .
Baudelaire Ndong Ella, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République gabonaise en République Populaire de Chine, calme le jeu. Pour lui, il n’y a pas péril en la demeure. « Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, car une chose est sûre, c’est que la Chine tient énormément à l’Afrique. D’abord parce que la Chine et l’Afrique ont une histoire similaire, ensuite parce que la Chine a pris des engagements forts vis à vis du continent africains qu’elle doit honorer d’ici à 2021. Et la Chine jusqu’ici a tenu ses engagements envers l’Afrique » a indiqué le diplomate gabonais. Pour Ndong Ella « l’inquiétude est certes justifiée, mais ce n’est pas le gouvernement chinois qu’il faut blâmer. C’est plutôt aux africains, eux-mêmes, de s’approprier le marché chinois. Notamment, en proposant des produits susceptibles de plaire aux consommateurs chinois, car en effet, les règles sont les mêmes pour tous » à t-il conclu.
Fin 2018, les investissements directs étrangers (IDE) ont cumulé des revenus dépassant les 2.100 milliards de dollars selon le Premier ministre Li Keqiang, pourtant tout porte à croire que l’apport des entreprises africaines aura été très négligeables. Les hommes d’affaires africains ont donc tout intérêt à investir davantage afin d’occuper le marché et marquer leur présence afin d’éviter qu’à l’avenir ils ne soient, une fois encore, passés sous silence.





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