
AG, le 26 mars 2019 – Le comté de Ningqiang qui borde les montagnes Qin au nord et Ba au sud, dans la province du Shaanxi, abrite une plantation de thé qui fascine par sa particularité à promouvoir des techniques culturales ancestrales alliant préservation des écosystèmes et réduction de la pauvreté. Face à une concurrence mondiale qui pousse certains à adopter des pratiques dites « commerciales » qui sont nuisibles à l’environnement, ce bel exemple mérite bien qu’on s’en inspire.

Les journalistes africains qui ont parcouru 2 heures 30 de route depuis la ville Hanzhong au sud-ouest du Shaanxi, se sont dits ravis par la découverte de cette zone agricole moderne étendue splendidement au milieu du paysage verdoyant du Compté du Ningqiang. Il apparaît clairement que les responsables des lieux se sont engagés à cultiver avec des moyens artisanaux et bios. « On plante à la main et on s’en remet à dame nature pour faire tomber la pluie » a laissé entendre M. Wang You Quan, manager général du site. On a pu observer les fermiers, mais surtout des fermières voutées, triant manuellement les plants de thé à récolter.

Faire le choix de produire artisanalement est aujourd’hui un fait plutôt rare chez nombre d’industriels, surtout quand on a 120 hectares de terres à cultiver, plusieurs centaines de fermiers à payer chaque mois et 3000 tonnes de thé à produire par année. On se demande pourtant comment y arrivent-ils, avec de rudimentaires moyens (aucune machine, aucun engrais chimique utilisé et les témoins interrogés sur place le confirment) et un personnel composé à 80% de femmes ? C’est là qu’on a remarqué ce petit fond sonore qui jouait en boucle à travers des haut-parleurs dissimulés un peu partout dans le champ. « Cette musique traditionnelle chinoise a pour but de requinquer les fermiers et leur donner ainsi la force à la tâche » va nous confier un jeune étudient qui s’est constitué bénévole dans l’équipe de guide. Ce n’est pas un concept nouveau, a expliqué le Manager général, « cette astuce était déjà utilisée par les anciens chinois que ce soit dans l’agriculture comme dans bien d’autres domaines » a-t-il indiqué.

A côté de cette notion de production verte, il y a aussi que l’Industrie du thé et de l’Agriculture Moderne intègre aussi dans sa politique une dimension socio-économique, notamment à travers sa participation à la réduction de la pauvreté, dont le gouvernement central en a fait son principal cheval de bataille. Elle a créé 300 emplois à plein temps et plusieurs autres à temps partiel, avec un salaire mensuel minimum de 3000 yuans, environ 227000 francs CFA par personne. D’après les chiffres officiels, cette entreprise a déjà sortis près de 400 personnes de la pauvreté, 197 rien que l’année dernière, un bilan plus que satisfaisant selon M. Wang You Quan.
Il est intéressant de constater que les responsables de la ferme basent leur production uniquement sur le cycle des saisons dans une région où le taux annuel de précipitations est relativement faible. Et si Wang You Quan a tout de même investi 40 millions de yuans, soit 3 milliards 600 millions de nos francs malgré ce ciel avare, c’est que cette variété de thé très appréciée des chinois pour ses vertus thérapeutiques « s’adapte très bien aux conditions naturelles extrêmes » à souligné le manager général. Ce qui peut être intéressant pour les fermiers africains qui bénéficient déjà d’une pluviométrie relativement abondante.

L’industrie produit actuellement environ 3000 tonnes de thé vert par an mais ambitionne augmenter ce chiffre d’ici les prochaines années. La récolte se fait essentiellement en été et en automne, avec 3 à 4 vendages par saison. Le marché de distribution est encore local mais cela n’empêche pas les responsables de la ferme de convoiter des marchés internationaux tels que celui africain. Il n’est pas exclu que dans années avenir les marchés d’Afriques soient alimentés de ce thé 100% bio. « Ceci est nôtre idéologie depuis le début en 2014. C’est conformément à la politique de développement vert impulsée par le Président Xi Jinping que nous avons inscrit la vision de notre entreprise » a-t-il conclut.




Laisser un commentaire