
Les événements survenus récemment au ministère des Eaux et Forêts amènent plus d’un observateur à s’interroger sur les réelles motivations de Lee White au sein de l’administration publique gabonaise. Le natif de Manchester nommé à la tête de ce département ministériel il y a 8 mois tout juste a pris une série de mesures aussi curieuses qu’impopulaires qui font cogiter sur ce qui se trame dans le fond.
Par Jules Prince L’Essandone
Si déjà à l’époque, plusieurs le soupçonnaient d’avoir joué un rôle sournois dans le limogeage de Guy Bertrand Mapangou, emporté par le tourbillon du «Kevazingogate», aujourd’hui certains cadres du « Minef » lui prêtent clairement des intentions inavouées à leur encontre au regard des méthodes à la James Bond que « le blanc » emploie depuis son arrivée.

En fait, c’est le management du Pr Lee White qui est sans cesse pointé du doigt. On parle de nominations non conformes aux textes réglementaires, de sanctions arbitraires d’agents, de code forestier non pris en compte et écarté « en catimini ». Plusieurs évoquent même des actes d’espionnage perpétrés sur les postes de travail de responsables administratifs dudit ministère après que ces derniers soient rentrés chez eux. Des faits qui, s’ils sont avérés, seraient suffisamment graves pour appeler à la démission de M. White.
Mais ça ne s’arrête pas là, l’Okandais blanc ne veut pas se contenter de placer ses hommes de main aux postes juteux, c’est désormais sur les locaux de l’école nationale des eaux et forêts (Énef) situés au Cap Esterias qu’il jette son dévolu. Il rêve d’y installer l’agence nationale des parcs nationaux (Anpn). Et pour y parvenir, le « white de la Lopé » a un plan. Il projette simplement de délocaliser l’Énef à Boué dans l’Ogooué Ivindo. Si on a du mal à cerner l’intérêt d’une telle mesure, le corps enseignants de l’école y voit un stratagème visant à tuer l’Énef « pour qu’à terme les missions de formation dévolues à cette école soient transférées à son agence qui pourra, quasiment légalement, former ces propres hommes » a avancé un chef de service visiblement dépité. « Il l’a fait avec la Direction générale de la Faune et des Aires protégées dont les missions régaliennes ont été données à l’anpn, et maintenant il veut le faire avec l’Énef » s’inquiète un formateur qui cumule 30 ans de services.
Pourtant quand on sait les exigences logistiques, matérielles et financières qu’implique la délocalisation d’une école de la trame de l’Énef, on se demande pourquoi ne pas déménager plutôt l’anpn à Boué proche des parcs ? Elle pourra ainsi aisément déployer ses écogardes. Mais Lee White ne veut rien entendre, il lui faut rhabiller l’anpn et pour cela, il va devoir déshabiller le Minef, c’est aussi simple que ça.

Une chose est sûre, les prochains jours risquent d’être très mouvementés au ministère des Eaux et Forêts, car les leaders du Synapef, le syndicat des personnels des Eaux et Forêts, qui ont déposer un cahier de charge revendicatif la semaine dernière, entendent bien « paralyser la machine » si le ministre refuse d’entendre raison.





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