Voilà exactement deux mois et une semaine que les agents du ministère en charge des forêts affiliés au Syndicat National des Professionnels des Eaux et Forêts (Synapef) ont lancé une « grève générale illimitée ». Ils seront quelques temps plus tard rejoins par leurs collègues du Syndicat National des Gestionnaires des Ressources Naturelles (Synagren) qui ont d’ailleurs apporté une dimension plus globale à ce mouvement revendicatif dans lequel tous les agents se retrouvent désormais.
La grève lancée le 10 juin dernier n’a toujours pas connu de dénouement. Le ministre Lee White éprouve visiblement toutes les peines du monde à y apporter des solutions idoines. Étonnant ! Quand on pense que l’homme s’est toujours vanté de connaître la forêt gabonaise sur le bout des doigts, on est à se demander si le « blanc » ne se serait pas perdu dans la forêt. Une chose est sûre le ministre en charge des forêts est vraisemblablement en eaux troubles.
C’est sûrement fort de ce constat que les deux syndicats ont unanimement décidé de se vouer à l’arbitrage de l’ancien chef du gouvernement, Julien Nkoghe Bekale. L’ancien Premier ministre, avec beaucoup de tact, s’était alors exprimé en faveur du retour de la prime sectorielle revendiquée par les syndicats, non sans appeler les deux parties, tutelle et partenaires sociaux, au dialogue.
Les syndicats entrevoyaient déjà une lueur d’espoir au sortir de la réunion avec le PM et avaient même commencé à communiquer sur un chronogramme de sortie de crise. Mais très vite, ceux qui s’étaient réjouis de la reconduction de Lee White à la tête du ministère, vont déchanter. «Nous avons finit par comprendre au regard des faits que M. Lee White n’avait aucune intention de faire avancer les choses dans le sens souhaité par le Premier ministre sortant» s’est indigné Didier Atome Bibang, président du Synapef.
Pourtant le ministre assure qu’il est disposé à payer les primes, et même que celles-ci seront revues à la hausse, avec des montants similaires à ceux de 2014 (avant la suspension) et ce pour les 9 prochains trimestres. «Hors sujet !» rétorquent les syndicats. «Nous revendiquons la prime sectorielle issue des taxes et redevances, à ne pas confondre avec les ristournes issus des amandes sur les infractions dont le ministre fait allusion. Les Eaux et Forêts, comme bien d’autres secteurs de production, ont toujours bénéficié de 2 primes, les Fonds communs et les ristournes. Nous réclamons le retour de la première, la seconde étant une prime aléatoire appelée à disparaître au cas où les opérateurs se conformaient» explique Maurice Steed Mve Akue Secrétaire général adjoint du Synapef.
Les agents, dans leur écrasante majorité reprochent au ministre de «faire dans le pourrissement». Disent-ils qu’il convoquerait réunions après réunions qui n’accoucheraient que de petites souris… blanches. Une situation qui a finit par agacer la quasi-totalité des personnels au « Minef ».
Quand nombreux soupçonnent une incompétence du ministre, d’autres relativisent en évoquant plutôt un «mauvais» management. «Le ministre Lee White gagnerait à travailler en étroite collaboration avec les partenaires sociaux qui sont en réalité pour lui des alliés de choix, plutôt que des les regarder comme des adversaires» a exhorté Joël Ondo Ella, président de la Cosynap et médiateur désigné de la crise aux Eaux et Forêts.
Depuis cet après-midi les leaders réfléchissent à durcir le ton. Ils entendent entamer un piquet de grève à l’immeuble siège du ministère, de l’arrêt total du service minimum, de l’arrêt total des activités de terrain à savoir empotages, contrôles, inspections entre autre. Pendant ce temps, Lee White qui a visiblement un problème avec le dialogue, a déjà fait venir un contingent de gendarmes. C’est donc un bras de fer qui promet d’être retentissant qui s’annonce au ministère des Eaux et Forêts.





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