
Par Jean Stanislas L’Essandone
Le Pr Lee White n’a aucun égard pour les agents de son ministère. Ce 1er septembre 2020, les agents du ministère des Eaux et Forêts, de la mer et de l’Environnement l’ont appris à leurs dépens. Un contingent de gendarmes armés de cravaches, de bombes et de grenades lacrymogènes les ont chargé sur ordre du directeur de Cabinet du ministre Lee White. Un énième acte de violation flagrante des textes en vigueurs en matière de droit syndical en République gabonaise.
Les violations des textes du Pr Lee White ne se comptent plus. Entre nominations illégales et envoie sur le terrain d’agents non assermentés la liste est long. Lee White foule aux pieds, au vu et au su de tous, les textes régissant le fonctionnement de l’administration publique au Gabon. « Nous n’avons pas à nous soucier de ces considérations, de toutes façons on a la 1ère Dame de notre côté » lança un proche du ministre a un manifestant qui tentait de lui faire entendre raison.

Faut-il le rappeler ? Les deux formations syndicales dudit ministère sont en grève depuis le 15 juin dernier. Et depuis le 19 aout ils ont, devant l’inaction du ministre, accentué le mouvement de grève avec piquet à l’immeuble siège. Contre toute attente, Monsieur Ludivic Ngok banak, Directeur de cabinet du ministre des Forêts se pointe et intime l’ordre aux agents de cesser immédiatement tout tapage sous peine de répression des gendarmes.
Cette demande aux allures de menaces à peine voilée est déjà en soit une violation du droit de grève puisque la loi 18/92 du 18 mai 1993 fixant les conditions de constitution et le fonctionnement des organisations syndicales des agents de l’Etat stipule en sin article 18 : « Est qualifiée de grève, tout arrêt collectif et concerté de travail, tout comportement collectif de nature à perturber le fonctionnement normal d’un service, décidé pour défendre une revendication professionnelle. » Mais visiblement le Directeur de Cabinet n’avait pas cette information vu qu’il s’est entêté dans sa logique d’opposer la force à l’argument légitime brandit par les agents des Eaux et Forêts avec comme résultats des courses, des agents de l’Etat bombardés, gazés et violentés par ordre d’une tutelle qui n’a pour argument que la tyrannie et la barbarie.

Comme il fallait s’y attendre, les images de cet épisode macabre ont créé un tsunami sur la toile. Plusieurs leaders de confédérations syndicales ont tout de suite réagi pour exprimer leur ralliement à la cause des agents publics lésés. C’est le cas de Sylvain Ombindha de la confédération syndicale des régies financières, de la Cosynap ou de l’USAP qui ont dit toute la colère qui est la leur devant « une telle déviation ». Marc Ona du mouvement Appel à agir a lui aussi partagé les images sur son compte Facebook avec comme titre : « Voici la méthode Lee White pour répondre aux revendications des agents de son ministère »
Loin d’être ébranlé, les leaders des deux syndicats des Eaux et Forêts se sont dits plus fermes que jamais, « Nous sommes plus déterminés que jamais, cette tentative d’intimidation ne nous affectera pas » a garanti Didier Atome Bibang, président du Syndicat national des Professionnels des Eaux et Forêts (Synapef). Les syndicalistes « ne veulent plus dialoguer » avec leur ministre de tutelle, ils disent s’en remettre désormais à l’arbitrage du Chef de l’Etat. Affaire à suivre.





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