Jamais, de tous les cas insolites qu’elle puisse croiser au quotidien dans un Lagos où se côtoient honnêtes gens et malfrats de tous poils, la police nigériane ne pouvait s’imaginer tomber sur ce type d’affaire. C’est en investiguant sur la disparition d’un nourrisson que les policiers vont découvrir le suspect le plus déroutant de leur carrière. Une fillette de 10 ans, apparemment banale, avoue avoir abattu 250 personnes y compris son propre père et le bébé disparu. Un fait qui a suscité la frayeur l’étonnement des policiers et des population de Lagos qui n’en reviennent toujours pas.
Par Autre Presse
Jummayi Hassan n’a que 10 ans lorsqu’elle est devenue l’une des plus jeunes sorcières du Nigeria. Elle a commis 250 crimes rituels humains. Elle tuait simplement avec une « poudre magique ». Une arme fatale. La collégienne de Maïduguri, en formation dans une école militaire du nord-est du Nigeria, était déjà fichée par la police nigériane pour avoir causé un incendie criminel et précipité une adolescente dans une fosse. Cependant, par deux fois, Jummayi a réussi à échapper aux condamnations qui l’attendaient.
Lorsque le petit Joseph Ibro, nourrisson de deux ans a disparu, la police nigériane s’est mobilisée pour le retrouver. Le 17 juillet, l’étau se resserre autour de l’adolescente du collège militaire. A la stupéfaction générale, Jummayi passe aux aveux et reconnaît l’assassinat du petit Joseph. Elle conduit la police vers une tombe où elle a enseveli le nourrisson de deux ans. Le corps en état de décomposition est exhumé.
En fait, il s’agit d’une tueuse en série qui avoue : « Je suis bien l’assassin du petit Joseph. Il est ma 250 -ème victime. Je tue sur ordre des personnes indiquées par un Haoussa appelé Emmanuel qui est le gourou d’une secte de Lagos à laquelle j’appartiens. Nous avons des pouvoirs surnaturels. Nous tenons des réunions nocturnes à Lagos où je me rends par l’esprit. Mon corps lui, reste sur place. C’est avec une poudre que nous tuons. Il suffit que cette poudre touche quelqu’un pour qu’il meure. Après le décès de la personne, nous récupérons son cœur. L’une de mes premières victimes est mon propre père. J’avais 6 ans quand je l’ai tué parce qu’il constituait un obstacle à l’exécution de ma grand-mère » a déclaré la fillette (face à des policiers totalement scotchés. Ndlr)
A travers le récit de Jummayi apparaît l’autre facette du Nigeria réputé pour ses « juju » autrement dit la sorcellerie. Dans le pays, on ne décède jamais de mort naturelle. Il y a, derrière chaque décès, un mystère. Quand ce n’est pas la tante du défunt, c’est un oncle, une grand-mère, un grand-père ou un jaloux qui a lancé les sorciers à ses trousses pour arrêter son ascension sociale et mettre fin à sa vie.
A Bonou, Dah Alodji, est un guérisseur qui fait trembler tous les sorciers de la localité. Depuis une vingtaine d’années, il mène un combat anti-sorcellerie et sa grande cour, qui à longueur de journée vit une animation ininterrompue, héberge des sorciers repentis et neutralisés.
Sur la sorcellerie, Dah Alodji a élaboré un document d’une cinquantaine de pages qui raconte ses expériences, la traque des sorciers, leurs méthodes et surtout la liste de leurs nombreuses victimes. Il définit la sorcellerie comme « une capacité de nuire par des procédés et des rituels magiques ».
D’après ses recherches, les sorciers opèrent le plus souvent la nuit. A ce moment, l’esprit quitte le corps pour aller participer aux réunions nocturnes appelées zandji, conclave quotidien obligatoire tenu généralement dans le tronc de l’arbre iroko ou du fromager.
C’est là qu’ils établissent la liste de leurs victimes et la sale besogne commence. La future victime fait des cauchemars en plein sommeil. Des maux de tête inexpliqués commencent, la température monte. En quelques heures ou en quelques jours, le forfait est accompli. Rien ne viendra soulager les différents malaises et la victime décède. Son âme a été volée par les sorciers qui la transforment en volaille ou en porc pour être mangé. L’oracle viendra ensuite certifier que la mort est surnaturelle, qu’elle était l’œuvre des sorciers et des sorcières.
Dah Alodji est formel, la petite Jummayi est bel et bien une sorcière. Dans son histoire, tout le montre. L’initiation et l’entrée dans le cercle restreint se négocie et se discute avec le nouvel adepte. Un nouvel adepte qui a un lourd tribut à payer.
Au moment de son initiation, il devra sacrifier un de ses proches très chers. Ce dernier sera transformé en animal pour le festin rituel sacré. Le hibou et le chat sont deux animaux particulièrement redoutés dans les pays où cette croyance est forte. La légende dit que les sorciers les utilisent pour opérer.
Sources: Newsafricaines.com





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