C’est le quatrième bateau enlevé dans les eaux territoriales gabonaises en l’espace de deux ans. Un chalutier de pêche, avec à son bord une quinzaine de personnes, à été détourné au large de Port-Gentil, capitale économique du Gabon en fin de semaine dernière. Depuis trois jours, les éléments de la défense nationale aidés de la marine nationale, tentent, la peur au ventre, de neutraliser les pirates.
Par Tanguy Otounga
Selon le quotidien l’Union, les faits se seraient déroulés dans la nuit du dimanche 07 au lundi 08 février dernier. Un bateau de pêche appartenant à des Asiatiques aurait été pris d’assaut, puis enlevé par des flibustiers au large des côtes de Port-Gentil.
Citant une source militaire, le journal rapporte que ces pirates auraient été repérés plus tôt vers la République voisine de Guinée équatoriale. Leur tentative d’opérer dans ce pays ayant échoué, dissuadés par la présence militaire, ils vont donc se rabattre vers les côtes « beaucoup plus prenables » (Ndlr) au grand malheur des chalutiers et autres navires baignant dans les eaux gabonais.
Un enlèvement en mer qui porte à quatre le nombre d’actes de piraterie perpétrés près des côtes gabonaises. On se souvient encore de cette incursion qui avait coûté la vie au Commandant Aymard Mboumba-Mbina en 2019. Ou encore de ce bateau détourné le 04 mai 2020 au large de Cocobeach, les 15 membres d’équipage avaient été portés disparus.
Pour dire vrai, nos frontières, que ce soit terrestres ou maritimes, ont toujours eu la réputation d’être poreuses. Mais avec la lutte accrue contre la pandémie de covid-19, les forces de défense et de sécurité, absorbées à faire respecter le port de la bavette, ont davantage déserté la surveillance des côtes. Toutes jetées dans la «guerre» du covid. Les pirates ne peuvent que s’en réjouir.
Avec cet énième cas de piraterie, il serait peut-être temps que le gouvernement s’attaque enfin aux vrais problèmes. Car, entre concentrer toutes les forces (ou quasiment) dans une maladie dont 99% des cas en guérissent, et garder opérationnelles les côtes, nécessaires pour garantir l’approvisionnement en hydrocarbures et denrées alimentaires, il faut faire le choix, le bon choix. La stabilité économique et même politique du pays en dépendent.





Laisser un commentaire