Denrée inexplicablement rare en pleine Capitale d’un des pays les plus hydriques du continent, l’eau va être desservie à près de 40 quartiers supplémentaires du Grand Libreville en 2022. C’est du moins l’ambition affichée par les autorités gabonaises en tête desquelles le Premier ministre lors du lancement, le 31 mars dernier, du Programme intégré pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement de Libreville (PIAEPAL). Ce programme qui vise à assurer une meilleure qualité de la desserte en eau potable du Grand Libreville, permettra, à en croire le maître d’œuvre, de fournir de l’eau à près de 300 mille personnes en 2022.
Par Tanguy Otounga
Financé à un peu plus de 9 milliards de FCFA, et exécuté par la société China High way Energering, le chantier sera réalisé dans les règles de l’art, a rassuré son responsable Jeremy ZANG. «Nous prenons l’engagement de réaliser ces travaux dans les règles de l’art et dans les délais requis. Les travaux à réaliser concernent le renforcement et l’extension du réseau de l’eau potable dans les communes de Libreville et Akanda, la construction d’une station de pompage d’eau au Pk 5 pour alimenter les réservoirs de stockage des cités de la caisse de 10 mille mètres cubes, la réhabilitation du château d’eau de sotega, l’alimentation en eau potable dans la cité Amissa, la construction des points de fontaine publique» a-t-il indiqué. Durée totale des travaux : deux ans et sept mois, soit 31 mois.
Autre partenaire, la Banque Africaine de Développement (BAD) qui a octroyé un prêt de 75 milliards de FCFA à l’Etat gabonais afin de mener à bien ce projet et pouvoir désaltérer ainsi des milliers de foyers gabonais. Son représentant Robert Masumbuko a d’ailleurs relevé le contraste d’un pays riche en ressources hydriques mais dont la population peine à accéder à l’eau potable. «Tout le monde sait que le Gabon dispose d’un potentiel hydrique phénoménal. Les études parlent de 170 milliards de mètres cube d’eau par an, avec des niveaux par habitant de 127 mille mètres cube. Malgré cette situation naturelle très favorable, le pays accuse un important déficit en infrastructures, pour mobiliser cette eau qui vient du ciel et de la terre. En effet, certaines études notamment celles du ministère indiquent qu’à peu près 55% de la population nationale en moyenne dispose d’un accès sûr à l’eau du robinet. Un taux qui en milieu rural est encore plus bas»
Alain Claude Bilie-By-Nze, de son côté, pointe plutôt un doigt accusateur vers Veolia, la société en charge de la production et de la distribution de l’eau et de l’électricité. «La qualité de l’eau potable à Libreville a connu une dégradation ces 20 dernières années. Une situation qui s’explique par une absence notoire des investissements de la part du concessionnaire Veolia ayant conduit à la vétusté d’une bonne partie du réseau de distribution de l’eau potable d’une part, et d’autre part, par une forte expansion du grand Libreville qui accueille plus de la moitié de la population gabonaise. » , s’est il justifié non sans réaffirmer la volonté du gouvernement de régler cette difficile équation.





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