À l’heure où la planète entière célèbre la journée mondiale de lutte contre le paludisme, le Gabon à travers le programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) s’engage pour zéro paludisme dans le pays d’ici à 2030. Une ambition qui semble bien utopique tant l’ordre de priorités sanitaires actuel est largement orienté vers le coronavirus pourtant de loin moins mortel.

Par Jean Stanislas Ikamba

Le Gabon à l’instar de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne est frappé de plein fouet par le paludisme. Ce réel problème de santé à d’ailleurs amené les autorités gabonaises à créer en 1995 le programme national de lutte contre le paludisme avec pour mission de mettre en place une stratégie nationale d’éradication  de cette maladie qui a tué environ 400.000 personnes en Afrique en 2018.  

Pourtant depuis l’année dernière, avec 140 décès liés au covid-19, le pays a focalisé toutes les attentions vers cette nouvelle pandémie. Contraignant d’ailleurs le gouvernement à consentir à des moyens colossaux afin de mettre en place un plan efficace de veille et riposte. Le paludisme, comme d’autres pathologies, a été relégué au second plan.

Le 25 avril, comme chaque année, le monde entier célèbre la lutte contre le paludisme. Cette année, le thème retenu est: « Tirer un trait sur le paludisme ». Selon l’OMS, cette thématique vise à exprimer sa volonté de mettre un terme à cette maladie qui décime les populations dans le monde, surtout en Afrique. Le Gabon abordera, quant à lui, cette journée sous le thème « Zéro palu ! je m’engage ». Un thème qui n’a pas été choisi par hasard. Les organisateurs veulent en fait inciter toutes les composantes à une réelle prise de conscience collective.

Le PNLP a prévu plusieurs activités au menu. « Si les conditions sont réunies, nous pourrons atteindre zéro palu d’ici 2030. Cette année nous voulons arrimer cette journée mondiale à la semaine mondiale de la vaccination » a annoncé le Dr Abdul Safiou Razzack, Directeur du PNLP. Le lancement jumelé des 2 événements se fera au centre de santé de nzeng ayong, dans le 6ème arrondissement de Libreville.

Outre les temps de sensibilisation, il y aura également des campagnes de vaccination avec en prime des moustiquaires distribuées. « chaque enfant vacciné recevra une moustiquaire imprégné parce que à cause de la Covid-19 qui a un peu tenu les structures sanitaires en haleine, il y a eu beaucoup d’enfants qui n’ont pas pu être protégé par les antigènes que nous recommandons lors des programme élargit de vaccination » déplore le Dr Safiou Razzack. Aussi, dit-il, ce sera l’occasion pour son équipe et lui de rattraper ce retard.

À noter que selon le rapport de l’OMS sur le paludisme publié en 2020,  le Gabon enregistre 799000 cas de paludisme un peu plus de 500 décès. Des chiffres pourraient être largement sous-estimés en raison de la difficulté pour le PNLP à compiler les données sur l’ensemble du territoire.

Toutefois, quelques points encourageants dans la lutte contre le paludisme sont à relever. Notamment la dotation par le gouvernement gabonais de 60.000 moustiquaires. Ou encore 21.000 moustiquaires offertes par la Caisse National d’Assurance Maladie et de Garantie Social (CNAMGS).

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