Petro Gabon dont les bouteilles ont été mises en cause, s’insurge contre ce qu’elle qualifie de « campagne calomnieuse » dont elle se dit en être victime. Aussi, menace-t-elle de porter plainte. « Depuis sa création, il y a vingt ans, Petro Gabon, leader de la Distribution du Gaz butane au Gabon, n’a jamais enregistré d’accident lié à la qualité de ses bouteilles » peut-on lire dans le communiqué que l’entreprise a publié sur sa page Facebook ce mardi 27 avril.
Par Euzebio Macc’Oba
Dans notre publication datée 9 avril dernier et titrée Récurrence des explosions de gaz butane, les bouteilles PG pointées du doigt, nous soulignions la concordance de plusieurs témoignages de victimes affirmant, quasiment toutes, que ce sont bel et bien des bouteilles de gaz Petro qu’elles utilisaient qui ont explosé. Et l’on soupçonnait d’ailleurs un défaut de fabrication de ces bouteilles. Eh bien, pour M. Bikalou et son équipe, la qualité des bouteilles PG ne serait nullement la cause des explosions enregistrées. Ils s’appuient notamment sur une enquête qui disculperait l’entreprise jusque-là incriminée.
« […] des enquêtes officielles et indépendantes ont été diligentées. Les conclusions desdites enquêtes indiquent que:
• Aucune bouteille de Gaz de Petro Gabon n’a explosé;
• La qualité des bouteilles de Petro Gabon n’est pas la cause des deux accidents tragiques dont ont été victimes nos deux compatriotes. » se dépendent ils sans pour autant donner plus de précisions sur les détails de cette fameuse enquête, sa durée ou encore l’échantillon de bouteilles enquêtées.
Si elle s’est bien gardé d’en publier le rapport, ce qui aurait pourtant permis de lever tout doute chez sa clientèle, PG, dans une communication publiée dans le quotidien l’Union, affirme que l’enquête a été menée par les sapeurs-pompiers. Laquelle enquête, exécutée en moins de 48h exclurait définitivement sa responsabilité dans les explosions survenues. Et comme il faut bien un coupable, l’enquête impute les incidents aux accessoires dont « les dates de péremption » ne seraient pas respectées. Autrement dit, c’est la faute des victimes elle-même.
Et comme il fallait s’y attendre, l’entreprise n’a pas manqué de brandir la menace de poursuites judiciaires contre « quiconque est à l’origine ou relaie l’actuelle campagne calomnieuse dont elle est victime ». Non sans remercier tous ses clients et sympathisants qui lui sont « restés fidèles » malgré ce qu’elle juge comme une cabale orchestrée.
À noter que Petro Gabon fut créée le 1er Août 2001 par Jean-Baptiste BIKALOU actuel Président Directeur Général.
Elle fait son ouverture administrative le 1er Octobre 2001 mais ne lance officiellement ses activités commerciales que 6 mois plus tard, c’est à dire le 11 mars 2002. M. Bikalou qui a tronqué son costume de salarié contre celui d’entrepreneur, même s’il est encore loin d’être comparé à des ogres comme Aliko Dangote, ou Jack Ma, se gargarise déjà d’être le prototype d’une réussite endogène, le champion national quoi.
Pourtant près d’une décennie plus tard la boîte peine toujours à se faire des parts d’un marché dominé alors par les géants Total Gabon et Pizzo Shell. C’est ainsi qu’en 2010, elle contracte un emprunt obligataire de 10 milliards de nos francs auprès de la BVMAC, ce qui lui permet de rapidement se développer et s’imposer sur l’ensemble du territoire. À l’époque PG envisage même créer sa propre structure d’emplissage à Port-Gentil et se passer des services de la SGEPP qu’elle boude un peu. Mais le projet est très vite abandonné.
Aujourd’hui, avec un budget annuelle de 7 milliards de francs CFA, environ 400 salariés, et 36% des parts de marché, Petro Gabon ambitionne désormais de conquérir les pays voisins. Malheureusement pour le leader local de la distribution de produits gaziers, ces explosions récurrentes de bouteilles de gaz constituent une contre publicité qui pourrait, si aucune clarification n’est faite, écorner durablement l’image de la boîte à l’extérieur.





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