AUTRE PRESSE- Les populations de Mekambo dans le département de la Zadié, province de l’Ogooué Ivindo étaient une fois de plus très mouvementées. Après les récentes marches de protestation contre la mauvaise gestion du conflit homme-faune par les autorités «compétentes» locales et des réunions infructueuses avec des responsables du ministère des Eaux et Forêts, ceux du WWF, les autorités administratives locales, la manifestation d’hier mardi 25 mai, révèle clairement le niveau l’exaspération des populations de cette partie du pays, au regard des nombreux dégâts matériel et de la radicalisation de ton observé. Les manifestants sont allés jusqu’à exiger le départ illico presto du préfet et du lieutenant de police, chef d’antenne de la DGDI.
Que s’est-il alors réellement passé? Pourquoi le préfet et le lieutenant de police ? Et pouquoi pas le maire de la ville, ou le chef de Brigade de la gendarmerie par exemple ?

De quoi était-il question?
Il se trouve que le préfet du département de la Zadié en poste à Mekambo était pourchassé par la population réclamant son départ sans délai pour plusieurs raisons. En plus du préfet, c’est quasiment les 80% de l’effectif de l’ antenne DGDI de Mekambo qui a été également obligée de quitter la ville en catastrophe, le Lieutenant chef d’antenne en premier. Pour précision, ”la chasse” à ces responsables administratifs fait suite à des attitudes pour le moins condescendant affichées par ces derniers. Selon certaines sources ayants requis pour l’ anonymat, trois cibles étaient dans le viseur des manifestants lors de cette journée ”battons le bitume”, à savoir : le préfet, le lieutenant (LT) chef d’antenne DGDI et les agents du WWF.
Mais pourquoi eux ? Que leur reproche t-on au juste ?
Trois principales raisons sont régulièrement évoquées. D’abord pour ce qui est du préfet, il lui est reproché ses lenteurs administratives dans la résolution du conflit Homme/ Faune. Des lenteurs qui cacherait dans le fond un manque de volonté chez l’autorité administrative qui ne serait pas, du point de vue des riverains, blanc comme neige dans cette affaire. D’ailleurs, il avait récemment reçu en catimini une mission «officieuse» d’écogardes sans en aviser les auxiliaires de commandement et les autorités locales. «(…) aussi, pendant qu’on parlait au préfet, il n’a pas hésité de nous faire un doigt d’honneur au travers de sa fenêtre. C’est ce geste qui a conduit au débordements car il a voulu nous narguer. » a confié une manifestante en colère à une équipe de journalistes sur place.

Ensuite il y a le Lieutenant chef d’antenne dont l’arrogance et le mépris était devenu la marque de fabrique. L’officier véreux qui n’a visiblement pas suivi ses cours à l’école de police, ferait dans la confusion des missions avec celles des Eaux et Forêts, des écogardes, notamment en opérant des patrouilles jusque dans les parcs et les zones tampons. Encore un peu et il aurait commencé à contrôler les chargement de bois des exploitants forestiers. «Le lieutenant a manqué du respect la veille de cette marche en plein réunion devant le préfet qui n’a malheureusement rien dit. Ce, en présence du président du conseil départemental de la Zadié. Le préfet et le Lieutenant sont donc complices, ils doivent partir d’ici ensembles »déclarait un autre manifestante très remonté.
Pour finir, le cas des écogardes seraient-ils allés un peu loin dans leurs missions avec des fouilles extrêmes sur des riverains. Un excès de zèle qui serait en partie dû à l’amateurisme observée chez les dirigeants de cette entité qui n’ont pas cessé de multiplier les bavures et vice de procédure. Avec tout cela, ce sont les populations, ne sachant plus à quel bois se réchauffer, qui payent le lourd tribut de cette inculture.
Cependant, quel bilan en découle de cette journée brûlante à Mekambo ?
C’est donc une journée du 25 mai qui fût très chaude. Le préfet n’aurait eu la vie sauve grâce à la diligence de la brigade de gendarmerie de Mékambo qui l’aurait exfiltré in extremis de la maison, déguisé en militaire pour tromper la vigilance des manifestants. Il aurait donc été mis sous protection dans la ladite brigade. Pendant ce temps, le Lieutenant chef d’antenne DGDI et quelques uns de ses collaborateurs, toute arrogance bien rangée, étaient déjà en fuite vers makokou.
Nous apprenons que des interpellations de certains manifestants et vandales aurait débuté très tôt ce matin. Plusieurs personnes d’entre les présumés vandales sont actuellement détenus à la brigade locale pour nécessité d’enquête.
Nous y reviendrons.





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