Un incident qui met en lumière les conditions dangereuses dans lesquelles travaillent ces ouvriers (photo Infos241)

Un jeune gabonais travaillant pour  la société chinoise Sinohydro, a manqué de peu d’être enterré vivant dans une fosse creusée par leurs propres engins de terrassement à Bikélé. Si l’incident a connu un dénouement heureux, il illustre bien les conditions d’insécurité dans lesquelles travaillent les employés de cette entreprise.

Par Euzebio Mac’Obba

Selon le site d’information Infos241, l’accident s’est produit le 17 juin dernier aux environs de 13h30 au quartier Bikélé dans le 2ème Arrondissement de Ntoum. En effet,  rapporte le journal, c’est dans l’un des chantiers de l’entreprise Sinohydro qu’un employé de nationalité gabonaise s’est retrouvé pris au piège pendant plus d’une heure et demie dans un fossé d’environ 8 mètres de profondeur que les pelleteuses et autres engins de la boîte ont creusé.

En fait, le malheureux compatriote avait été envoyé par son supérieur « effectuer des travaux de nettoyage aux abords et à l’intérieur de la profonde fondation » écrit le journal. Et ce, en dépit du risque d’éboulement du sol humide du fait d’averses survenues peu avant. Alors que le jeune homme exécutait la périlleuse mission qui lui était assignée, il s’est soudainement retrouvé prisonnier de la terre au fond de ce puit de 8 mètres.

Malgré le concours des riverains, il faudra 1h30 pour le sortir de terre. (photo Infos241)

Voyant la mort arriver à lui à grande coulée de boue, l’ouvrier n’a pas d’autres choix que de crier de tout son gosier, et ça marche. Ses collègues vont se précipiter vers lui, alertés par les cris de détresse, pour tenter de le tirer du gouffre. Il seront rejoints par des riverains du coin. Il aura fallu plus 90 minutes et beaucoup de détermination pour voir notre infortuné compatriote sortir de terre totalement affaibli. Il sera tout de suite conduit dans une structure hospitalière.

Après ce malheureux incident, l’ensemble des travailleurs de Sinohydro sur ce site a saisi l’occasion pour dénoncer les mauvaises conditions de travail et les dangers auxquels ils sont chaque jour exposés, notamment du fait de mesures sécuritaires quasi-inexistantes dans leurs différents chantiers. Ces salariés fustigent aussi le mauvais traitements dont ils sont victimes de la part de leurs employeurs chinois. « Le lendemain, on nous a demandé de reprendre le travail comme si rien de grave ne s’était passé. Sans pour autant changer les différentes mesures de sécurité. Nous ne savons même pas dans quel état se trouve notre collègue » à déploré un des ouvriers.

Il faut dire que des accidents de ce genre au sein de chantier des sociétés chinoises sont légions. Si l’accident de Bikélé s’est plutôt conclu de manière heureuse, il souligne bien les graves manquements de certains opérateurs qui foulent aux pieds les règles basiques de qualité, hygiène, sécurité et environnement. L’État, garant de la sécurité des personnes et des biens sur le territoire national, se doit d’agir au plus vite, et rappeler à l’ordre ces entrepreneurs hors-la-loi.

Laisser un commentaire

Tendances