Les efforts de conservation du Gabon commencent à payer (DR)

La Norvège va verser environ 9 milliards 335 millions de Francs CFA pour les 3,4 millions de tonnes de CO2 supplémentaires séquestrées en 2016 et 2017, faisant ainsi du Gabon le premier pays africain à être récompensé pour ses efforts dans la réduction des émissions liées aux forêts.

Sous peu, le Gabon recevra ses premiers versements internationaux en récompense des efforts menés contre la déforestation. « Ce qui n’était qu’une promesse avec l’accord signé en septembre 2019 avec la Norvège devient donc une réalité après dix-huit mois de discussions et d’audit pour vérifier la solidité des engagements pris par Libreville » écrit le magazine Jeune Afrique.

Ce sont un peu plus de  9 milliards 335 millions de Francs (14,3 millions d’euros) qui vont être versés à l’État gabonais en contrepartie des tonnes de carbone supplémentaires séquestrées grâce à la politique qu’il a mise en œuvre pour lutter contre la déforestation. La quantité de carbone retenue a été estimée à 3,4 millions de tonnes au cours des deux années 2016 et 2017 par rapport à la moyenne des émissions des dix années précédentes et est rémunérée à 5 dollars la tonne. Le Gabon pourrait au total percevoir 150 millions de dollars (environ 82 milliards 275 millions de Francs CFA) s’il maintient ce cap.

La forêt gabonaise, relativement bien conservée, capte environ 4% des émissions de CO2 chaque année. (DR)

Il faut dire que cette nouvelle constitue un motif encourageant pour les pays du bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical de la planète, qui ont désormais espoir que leur tour viendra. « C’est la première fois qu’un pays africain est récompensé pour avoir réduit les émissions liées aux forêts au niveau national », a souligné le ministre de l’environnement norvégien, Sveinung Rotevatn, mardi 22 juin, au nom de l’Initiative pour la forêt d’Afrique centrale (CAFI) qui réunit plusieurs pays industrialisés et dont la Norvège est le principal bailleur. Ce fonds créé en septembre 2015, quelques semaines avant la signature de l’Accord de Paris sur le climat, est géré par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

En principe, cette manne devra servir au financement de politiques spécifiques. Notamment celles permettant de maîtriser l’évolution du couvert forestier qui représente aujourd’hui 88 % de la superficie du pays. Avec une population d’environ 2 millions d’habitants essentiellement concentrée à Libreville et Port-Gentil, la pression sur les forêts est avant tout liée à l’exploitation forestière. La déforestation est donc, jusqu’à présent, restée faible, comparée par exemple à la situation observée en République démocratique du Congo, devenu le pays avec le plus fort taux de ce phénomène après le Brésil.

Le ministre en charge des forêts n’a pas manqué de remercier la Norvège pour cette marque de reconnaissance, non sans indiquer que le prix retenu ne valorise pas suffisamment, à ses yeux, les efforts accomplis. La validation par des standards internationaux envoie un signal fort aux acteurs du marché du carbone auprès desquels le Gabon espère trouver une source de financement. « La reconnaissance par CAFI de notre système de surveillance et de nos données est particulièrement encourageante dans la mesure où elle constitue une référence mondiale en matière de paiements pour les réductions des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts », a déclaré le ministre Lee White chargé de conduire les négociations climatiques depuis plus de dix ans.

Les forêts tropicales abritent environ la moitié de la biodiversité terrestre, mais pas que. Elles représentent également d’importants puits de carbone pour lutter contre le dérèglement climatique. Le massif forestier africain absorbe à lui seul l’équivalent de 40 % des émissions mondiales de CO2 tous les dix ans.

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