Au poste frontière de Bitam, la DGDI à interpellé deux étudiants tchadiens usant d’un faux documents de sortie ( Franceinfo)

Alors qu’ils tentaient de regagner leur pays par voie terrestre où ils doivent débuter leurs stages académiques le mois prochain, deux étudiants tchadiens inscrits en master 2 à l’ISTA CEMAC (Libreville-Gabon) ont été arrêtés à la frontière nord par les services de la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI). Une affaire qui met en évidence les manquements managériaux de la direction de cet institut supérieur.

Par Jean Stanislas Ikamba

Las d’attendre des titre de transport qui ne venaient toujours pas, et souhaitant passer les fêtes de la Tabaski auprès de leur familles au pays, Mahamat Mahamoudi Ahmat et Abakar Mallah Abakar, deux jeunes tchadiens étudiants à l’ISTA CEMAC, ont décidé « de leur propre initiative » de prendre la route vers leur terre natale. Manque de bol pour eux, le 07 juillet dernier, ils sont arrêtés au poste frontière de Bitam (nord) pour défaut d’autorisation de sortie.

Selon des sources proches du dossier, les deux compères auraient été pris en possession de fausses autorisations de sortie alors qui étaient en partance pour Ndjamena la capitale tchadienne. Incompréhensible quant on sait que c’est à l’école d’assumer le titre de transport des apprenants.

On est tout de même emmené à se demander où et comment ces deux étudiants ont eu l’argent, quand on sait que leurs condisciples, sans moyens pour voyager, ont dû déclencher un mouvement d’humeur ? Certaines indiscrétions soutiennent que les deux auraient bénéficié « des largesses » de Mme Outman Issa, la DG de leur école. Bref, passons…

Une réaction tardive de l’ambassade tchadienne

Pour une interpellation qui a eu lieu depuis le 07 juillet, il fallu attendre le 27 dernier, soit 20 jours plus tard, pour voir la représentation diplomatique tchadienne réagir. Dans un communiqué que nous avons pu nous procurer, l’ambassade du Tchad au Gabon informe le ministère des Affaires étrangères gabonais de « l’arrestation, à Bitam (frontière Gabon-Cameroun) pour irrégularité de documents de sortie », de ses deux compatriotes. Quand est-ce que l’ambassade a-t-elle été informée de cette arrestation ? L’école était-elle au courant du départ de ces étudiants ? Si oui, quelles dispositions a-t-elle prise ? Si non, comment expliquer qu’elle ne se soit pas préoccupé de la disparition de deux de ses apprenants, pourtant logés au campus universitaire ?

Ayant épuisé toutes leurs ressources, les deux étudiants se retrouvent dans un état de précarité qui « requiert une solution urgente » écrit le communiqué de l’ambassade. Aussi plaide-t-elle en faveur d’une intervention diligente de la diplomatie gabonaise d’autant plus que, dit-elle, « les éléments constitutifs de l’irrégularité des documents ont fait l’objet d’un examen prouvant la bonne foi des incriminés ». À en croire le communiqué, les deux prévenus devraient bénéficier des circonstances atténuantes.

Des carences managériales de la direction

Ce fait, qui est loin d’être anodin, met manifestement en lumière les carences dans le management de la directrice générale actuelle. Car en creusant un peu plus en profondeur, on découvre que ce n’est finalement pas la première fois que des étudiants manifestent pour les mêmes mobiles à l’ISTA-CEMAC.

Il y a quelques temps encore, les cours avaient été interrompus et le Pr Daniel Ona Ondo, président en exercice de la Commission de la Cemac, avait dû personnellement intervenir pour éviter in extremis une année blanche. À la suite de quoi des dispositions avaient été prises pour que les finances soient toujours là à temps. C’est d’ailleurs un des arguments brandi par les étudiants manifestants dans leurs affiches revendicatives.

L’argent prévu pour le paiement des bourses a été «magouillé» (DR)

Dégager les responsabilités

Alors comment comprendre que les bourses ne soient pas payées depuis plusieurs mois ? Qu’il n’y ait pas de titres de transport au point où deux étudiants soient contraints de prendre la route jusqu’à se faire arrêter avec de faux documents ? Qui dois répondre de leur infraction ? Et quelles mesures doit prendre la Cemac pour que pareil méfait qui jette le discrédit sur une de ses institutions sous tutelle ne se reproduise plus ?

Reste à espérer que le plaidoyer, bien que tardif, entamé par l’ambassade du Tchad au Gabon soit fructueux et que ces deux futurs cadres puissent enfin regagner la quiétude du cadre familial et sereinement commencer leurs stages.

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