
Des images devenues virales sur les réseaux sociaux montrent le président guinéen entouré de militaires cagoulés, armes à la main. Alpha Condé apparaît sur un canapé du palais présidentiel visiblement sonné, la chemise entre-ouverte et les pieds nus. « Est-ce qu’on a touché à un seul de vos cheveux ? On vous a brutalisé, Excellence ? » lui demande un soldat dans une vidéo. Alpha Condé semble aller bien mais reste silencieux.
Il s’agit en fait d’un putsch mené par le très entraîné Groupement des forces spéciales, dirigé par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya qui a réussi, en très peu de temps, à prendre le palais présidentiel.
D’après des sources sur place, il n’aura fallu que quelques heures aux pustchistes pour se saisir de celui qui dirigeait le pays depuis onze ans. Tout serait allé très vite. Tout a débuté aux alentours de 8h quand des tirs nourris à l’arme lourde ont été entendus tout au long de la matinée aux abords du quartier de Sékoutoureya, le palais présidentiel où se trouvait alors le chef de l’État.
Dans la mi-journée, une déclaration de Mamady Doumbouya a circulé sur les réseaux sociaux, dans laquelle on le voit, béret rouge sur la tête et lunette de soleil sur le nez, entouré de deux militaires. Il annonce que « la situation socio-politique et économique du pays, le dysfonctionnement des institutions républicaines, l’instrumentalisation de la justice, le piétinement des droits des citoyens, la gabegie financière […] ont amené l’armée républicaine à prendre ses responsabilités vis-à-vis du peuple de Guinée. »
Aussi annonce t-il la dissolution de la Constitution, du gouvernement, des institutions et la fermeture des frontières terrestres et aériennes. Enfin, il annonce a prise du pouvoir par un « Comité national du rassemblement et du développement, CNRD ».

A noter que Mamady Doumbouya, ancien légionnaire de l’armée française, avait été rappelé en Guinée pour prendre la tête du GPS en 2018. Ces derniers mois, sa volonté de détacher le GPS du commandement du ministère de la Défense avait suscité la méfiance du pouvoir de Conakry. Des rumeurs infondées faisant part de sa possible arrestation avaient même circulé dans la capitale guinéenne.
Par Jean Stanislas Ikamba




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