Yann Bahou a été refoulée sans explications à l’aéroport Léon Mba

L’affaire fait grand bruit sur les réseaux sociaux en ce moment même, tant au Gabon qu’en Côte d’Ivoire. Yann Bahou, une animatrice radio/télé Ivoirienne, aurait été malmenée dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 septembre dernier, avant d’être refoulée vers sa terre natale par la police de l’air et des frontières (PAF) de Libreville en début de matinée.

Dans une publication devenue virale et relayée plus 3500 fois sur Facebook, l’animatrice de la radio Fréquence 2 à Abidjan, relate  sa « mésaventure dans les geôles de la police de l’immigration à l’aéroport de Libreville ». Le calvaire qu’à vécu Yann Bahou se serait traduit par une détention « arbitraire » durant 14 longues heures  dans les locaux de la PAF à l’aéroport international Léon Mba.

« Le mardi 14 septembre, je me rendais au Gabon pour une visite familiale. Ayant tous les documents pour m’y rendre. J’ai passé tous les contrôles sans soucis. À la sortie de l’aéroport, je suis interpellée par un agent de la police de l’immigration qui me demande : vous êtes journaliste Madame ? J’ai dit non, je suis animatrice. » Raconte-t-elle. Après ce bref échange, l’agent lui aurait ordonné de le suivre, ce qu’elle aurait fait « sans hésiter ».

Arrivé au poste, l’agent aurait sollicité d’elle un document lui autorisant à effectuer « cette mission » en terre gabonaise. Surprise, la femme de média explique qu’elle n’a pas ce document étant donné qu’elle est là dans le cadre d’une visite privée. Mais feignant de ne rien comprendre, l’agent insiste inlassablement pour avoir l’ordre de mission de l’animatrice. « Je ne suis pas en mission, je peux vous montrer ma lettre d’invitation et la réservation de l’hôtel » rétorque-t-elle dépitée.

Ne parvenant pas à fournir le fameux laissez-passer, elle sera entrainée vers un autre bureau, et là, à en croire ses dires, au moment où elle tentait de rendre compte de sa situation à son « contact » à l’extérieur, elle sera dépossédée de ses deux téléphones et enfermée dans une pièce avec d’autres détenus. Elle y restera sans manger ni boire de 19h le mardi à 9h du matin le mercredi, alors que son contact lui aurait apporté à manger et à boire la veille.

Toujours selon ses propos, un officier, qu’elle dit être un capitaine se serait présenté à elle le matin et lui aurait expliqué qu’à l’avenir il lui faudra se munir de tous les documents nécessaires. Ce, avant de lui restituer ses deux téléphones et tous ses documents. Elle dit avoir été tout de suite après conduite vers l’avion qui va la ramener sur Abidjan.

Il n’en fallait pas plus pour déclencher une véritable tempête sur la toile. Un analyste sociopolitique Ivoirien ira même, dans une lettre ouvert adressée à son ministre des affaires étrangères, jusqu’à parler d’un « sentiment anti ivoiriens », non sans souligner que l’incident de Libreville est loin d’être un cas isolé. Cet écrivain s’inquiète de ce que de plus en plus d’Ivoiriens sont malmenés dans les aéroports « des pays de la sous région » et invite les autorités politiques à prendre la mesure du problème.

Les artistes Gabonais du moment ont quasiment tous été indignés de ce traitement que plusieurs jugent « inhumain ». Et en guise de soutien, ils ont en grand nombre partagé la publication de Yann Bahou.

Toutefois, si l’on s’accorde sur le caractère regrettable de la violence morale qu’à pu subir cette sœur africaine, il faut tout de même, sans passion ni partie pris, reconnaître que le récit de la victime suscite plusieurs interrogations.

Notamment quand on sait que de centaines de voyageurs arrivent tous les jours au Gabon par l’aéroport, on est tenté de se demander pourquoi la PAF s’est-elle attardée sur cette innocente Yann Bahou ? Si l’animatrice radio dit avoir retrouvé d’autres détenus dans les geôles de l’aéroport, son témoignage n’indique à aucun moment qu’il y a eu d’autres passager du même vol à avoir eu des démêlés avec les services de l’immigration. Alors, pourquoi seulement elle ?

La police aurait-elle été en possession d’informations compromettantes sur Madame Bahou ? Et qui est ce contact, dont elle se garde bien de désigner nommément ? Pour qu’elles raisons ce fameux contact lui aurait apporté à manger et à boire à l’aéroport, aurait-il su que sa protégée passerait la nuit dans les geôles de l’aéroport ? Si oui, comment l’a-t- il su puisqu’ils n’ont pas pu communiquer, selon elle-même ? Des interrogations qui restent pour l’heure sans réponses.

En attendant, la polémique est lancée et le risque de débordement est bien réel.

Par Jules Prince L’Essandone.

Une réponse à « Gabon. Que cache l’expulsion de l’animatrice ivoirienne Yann Bahou »

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