Ambassadeur du Gabon en Côte d’Ivoire ou Yann Bahou, qui est fautif ? (DR)

Dans une de nos publications d’hier, nous nous interrogions sur certaines zones d’ombre dans le récit de Yann Bahou après son refoulement mercredi dernier. Après de minutieuses investigations, nous sommes en mesure de vous livrer certains détails qui sont restés jusque là occultés dans l’expulsion cavalière de l’animatrice ivoirienne.

Pour rappel, Yann Bahou, animatrice populaire de Côte d’Ivoire, qui disait être venue pour des vacances, se verra refoulée après avoir passé la nuit au gnouf de l’aéroport Léon Mba. De retour à Abidjan, la jeune femme très suivie, s’empressera de publier cette «mésaventure» sur ses réseaux sociaux. Mais en prenant le soin d’occulter certains détails cruciaux qui, elle le sait, pourraient lui desservir.

Par exemple, elle s’est évertuée à vouloir démontrer que son expulsion serait due à son statue de femme de média. Car, dit-elle, un policier lui aurait balancé « vous les journalistes vous faites des vidéos et vous écrivez des choses bêtes ». Le Gabon serait donc un pays hostile à la presse, c’est en tout cas le sentiment que chacun peut avoir en lisant le texte.

Cependant, Mme Bahou ne dit pas qu’elle était en possession de matériel de tournage. Et que ce seul détails, s’il n’avait pas été omis, aurait permis à chacun de comprendre l’insistance des policiers à exiger un ordre de mission. En effet la présence de ce matériel pouvait indiquer que le séjour, privé ou pas, devait être mis à profit pour faire le travail qu’on fait à la télé.

Autre chose, elle dit avoir vu une dame capitaine qui est venue vers elle le matin, lui à remis ses deux téléphones confisqués la veille et lui aurait conduit vers son avion. Seulement après vérification, il n’existe aucune dame capitaine à la PAF au niveau de l’aéroport de Libreville. Tout comme dans son texte publié sur Facebook, elle semble indiquer qu’elle fut la seule femme dans la cellule. Pourtant dans un audio, elle reconnaît y avoir trouvé d’autres femmes. C’est peut-être un oublie, et là on se dit que ça commence à faire beaucoup d’oublie.

Dans ce même audio, elle remercie longuement un lieutenant des douanes gabonaises qui lui aurait donné gracieusement la somme de 100.000 Francs CFA pour se prendre quelques vêtements, car sa valise s’était égarée à Lomé. Fait qu’elle n’a pas non plus mentionné dans sa publication qui, il faut le dire, présente les Gabonais comme les pires xénophobes. D’ailleurs, répondant à un commentaire sur sa publication, Yann Bahou tiendra ces propos : «…il faut dire que nous les Ivoiriens, on est plus hospitaliers…».

Plus intriguant encore, on sait désormais que Yann Bahou ne venait pas chez sa famille à proprement parler, mais plutôt chez un « bon grand ». Et c’est justement ce bon grand qu’elle désigne comme « son contact » dans son récit. Qui peut-il bien être ? Et quels rapports entretiennent-ils ? Toutes les informations que nous avons pu recouper, nous mènent vers un seul et même individu : un homme politique, leader dans l’opposition gabonaise.

L’animatrice Ivoirienne devait donc venir séjourner chez cet homme politique. Mais pourquoi faire ? Et pourquoi emporter avec soi son matériel de tournage quand on vient en vacances ? Des curiosités qui n’ont toujours pas été élucidées.

Tout comme on se demande comment la diplomatie gabonaise à Abidjan, qui aurait dû lui donner toutes les informations en amont, lui a octroyé le visas sans avoir vérifié son dossier ? Que de bizarreries dans cette affaire.

Il faut noter que depuis 2018, tous les hommes de presse doivent se munir d’un document dûment délivré par leur rédaction pour entrer au Gabon. C’est peut-être dur, mais c’est ainsi. C’est suite à cela que trois journalistes français ont été refoulés à l’aéroport au lendemain du putsch manqué de Kelly Ondo en janvier 2019. C’est dire qu’il n’y a pas que les frères africains qui subissent la sévérité de cette loi.

Bref, tout le monde a définitivement sa part responsabilité dans cette histoire. Aussi bien l’animatrice qui aurait dû prendre tous les renseignements auprès d’autres hommes et femmes de médias, que les agents de la PAF qui auraient dû se montrer beaucoup plus professionnels et courtois dans l’exercice de leur fonction sachant que l’image de tout un peuple peut en dépendre, en passant pas l’ambassade du Gabon en Côte d’Ivoire qui a fait montre de légèreté sur ce coup.

Par Tanguy Otounga

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