AG – Le 10 novembre devait être le jour du grand procès contre Sylvia Bongo Valentin et son fils Noureddin, symboles du régime déchu. Pourtant, ce tournant judiciaire s’éloigne : les deux figures sont désormais hors de portée.
Exfiltrés vers Luanda en mai dernier, pour des raisons prétendument « humanitaires et médicales », les Bongo ont brisé le silence.
Leur avocat, Me Pierre-Olivier Sur, est catégorique : « L’ex-Première Dame et son fils ne se rendront pas au Gabon pour leur procès. » rapporte la presse.
Leur refus de comparaître sanctionne ce qu’ils qualifient de « procès spectacle » et de « cabale politique », dénonçant des sévices et tortures subis en détention. De fait, le dossier judiciaire est fragile : malgré des accusations grandioses (détournement, haute trahison), aucune preuve tangible n’a été présentée publiquement.
Le plus troublant reste leur libération et exfiltration, survenue à la veille d’un procès présenté comme exemplaire. Comment un État peut-il laisser filer ses principaux accusés sans conséquences politiques ou judiciaires ? Cette légèreté confine à la complaisance, voire à la manipulation.
Le risque est désormais que ce procès, s’il se tient, ne soit qu’une mascarade sans les principaux intéressés.
Ce procès avorté met en lumière la faillite d’un appareil judiciaire toujours subordonné à l’Exécutif. Loin de la « rupture » promise, le nouveau régime reproduit les réflexes du passé, réduisant la justice à un simple outil de communication politique.
Le Gabon n’assistera pas à l’émergence d’un État de droit, mais à la prolongation d’un théâtre où le scénario reste inchangé.





Laisser un commentaire