Par Jean stanislas Ikambat
L’affaire Ogowe Siffon dépasse le simple cadre judiciaire pour devenir un véritable test politique pour le président Brice Clotaire Oligui Nguema. L’incarcération de l’ancien ministre du Tourisme et l’audition de Liliane Ngari, sa cousine, mettent le chef de l’État face à un choix délicat : laisser la justice suivre son cours ou protéger un membre de sa famille.
Le 22 décembre 2025, Pascal Michel Ogowe Siffon est placé sous mandat de dépôt après son arrestation par la Direction générale de la contre-ingérence (B2). Interpellé peu après avoir remis sa démission, alors qu’il quittait la présidence pour son domicile, il est rapidement entendu par les services de sécurité. Les enquêtes mettent au jour des soupçons de détournement de fonds au sein du ministère du Tourisme, jugés suffisamment sérieux pour justifier son incarcération.
Dès sa détention, Ogowe Siffon pointe Liliane Ngari, sa secrétaire générale, comme principale responsable des malversations présumées. Une confrontation entre les deux a lieu le jour même de l’incarcération, illustrant la rapidité avec laquelle les enquêteurs traitent ce dossier sensible. Le lendemain, Liliane Ngari est auditionnée pendant plusieurs heures au tribunal, sans qu’aucune décision judiciaire ne soit annoncée officiellement.
Ce silence entretient les interrogations. Liliane Ngari n’est pas une haute fonctionnaire ordinaire : sa proximité familiale avec le président confère à l’affaire une dimension politique particulière. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, chaque décision – poursuivre ou classer sans suite – sera scrutée et interprétée à l’aune de ce lien.
Depuis son arrivée au pouvoir, le président a fait de la lutte contre la corruption un marqueur fort de la Ve République. L’affaire Ogowe Siffon constitue donc un test majeur : démontrer que la justice peut être impartiale, même lorsque la famille est impliquée, ou risquer de renforcer la perception d’une justice à deux vitesses.
Au-delà des responsabilités individuelles, c’est la crédibilité même de l’offensive anticorruption et la capacité du pouvoir à rompre avec l’impunité qui sont en jeu. Pour Oligui Nguema, l’issue de cette affaire pourrait bien constituer l’un des moments les plus décisifs de son début de mandat.




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