Par Jules Prince Essandone
Libreville : ici, pendant que des milliers de familles patientent, seaux et bidons vides à la main, une question explosive fait grésiller les compteurs : Et si la soif des Gabonais était devenue la poule aux œufs d’or de ceux-là mêmes qui doivent l’étancher ?
Le président Oligui Nguema, les dents serrées, vient de balancer une bombe atomique dans le petit monde de l’eau. Ses « oreilles » des services de renseignement lui auraient chuchoté un secret de Polichinelle qui sent le souffre : des camions-citernes et camions-cuves, ces sauveurs de quartiers qui vendent le précieux liquide à prix d’or, appartiendraient, pour la plus part, carrément à des employés de la SEEG ! Imaginez un peu le tableau : le pompiste qui est censé réparer la canalisation serait le même que celui qui vous la revend au marché noir ! Une trahison à grande échelle ?
Dans les zones populaires comme dans les quartiers résidentiels de Libreville, ouvrir le robinet, c’est désormais jouer à la roulette russe. Un jour ça coule, le lendemain c’est le désert. Résultat ? Le peuple, assoiffé et désespéré, se rue sur la seule bouée de sauvetage : les camions-citernes. Ces mastodontes de la route sont devenus les rois de la capitale, plus sollicités que les stars de la musique.
Ce qui n’était qu’un dépannage est devenu une machine à cash d’une brutalité folle. Nos calculs sont formels : ce business parallèle, bâti sur le dos des ménages en sueur, brasse près de 250 millions de FCFA par mois ! Près de 3 milliards par an qui coulent dans des poches bien grasses. Un pactole qui donne le vertige.
Alors, le Chef de l’État a mis le doigt là où ça fait mal. Si les agents de la SEEG sont aussi les patrons de ces camions, alors la game est claire. Pourquoi réparer vite une panne ? Pourquoi investir dans les tuyaux quand on peut laisser pourrir la situation et regarder son compte en banque se remplir à chaque rotation du camion ? Une canalisation qui pète, c’est une mine d’or qui s’ouvre !
Bien sûr, personne n’a encore de preuve formelle d’un « complot de la soif ». Mais dans la rue, les langues se délient. Comment expliquer que malgré le PIEPAL, ce programme à coups de milliards censé moderniser le réseau, on en soit encore à supplier pour un verre d’eau ? Les travaux ont retourné la ville, mais le précieux liquide, lui, reste introuvable.
D’un côté, l’État investit des fortunes pour que l’eau coule. De l’autre, une mafia de la soif prospère dans les pénuries. Alors, on se pose la question, et elle est terrible : La crise de l’eau à Libreville, c’est la faute à la pluie, ou c’est un business bien huilé où la pénurie rapporte plus que le service public ?
Les Gabonais, eux, n’ont pas soif de discours. Ils veulent du liquide… au robinet !




Laisser un commentaire